



Je me souviens ou crois me souvenir
de deux photographies.
Deux portraits,mon arrière
grand-père et sa femme,
accrochés au mur du salon
chez leur fille,ma grand-mère.
Ces portraits de face
sans autre expression
que l'austérité du regard,
sont peut-être des images
qui me font aujourd'hui
chercher dans les portraits
que je réalise,le moment
en suspension où quelque
chose de l'indicible s'installe
Le portrait me travaille,
l'homme me questionne.
Que recèle-t-il derrière
ses apparences,ses masques,
ses représentations ?
Je questionne l'homme
et travaille le portrait pour
installer avec le sujet,
objet de la photographie,
un rapport frontal dépouillé
d'artifice,une mise en scène
minimale. Le portrait apparaît
alors comme une tentative
d'appréhension d'un entre-deux,
entre deux images,entre deux
circonvolutions de l'esprit.
Là où le sujet semble oublier
la présence,sa présence,
là où affleure le masque d'un
instant,naît le sentiment d'une
grande fragilité de chacun et de tous.